mercredi 1 mars 2017

La peau la façade de notre être intérieur - 2ème partie




Le système nerveux cutané

Le système nerveux cutané constitue une partie du système nerveux périphérique.

Le système nerveux cutané est riche et complexe avec une voie afférente et une voie efférente,
les trois compartiments cutanés, hypoderme, derme, et épiderme (sauf la couche cornée), étant innervés.

En contact direct avec l’environnement extérieur, la peau est un organe sensoriel majeur.

La peau étant le principal site d’interaction de l’organisme avec son environnement,
le système nerveux cutané reçoit et répond continuellement à toute une variété de stimuli qui peuvent être physique (thermique, mécanique, électrique, rayonnement U .V), chimique, ou indirecte tels que ceux produits par des allergènes, des haptènes, des agents microbiologiques, des chocs ou une inflammation.

Les nerfs cutanés peuvent également répondre à des stimuli issus de la circulation sanguine ou à des stress émotionnels.

De plus, le système nerveux central peut moduler soit directement par les nerfs efférents ou des médiateurs chimiques, ou indirectement par l’intermédiaire des cellules immunitaires ou des glandes surrénales,
un grand nombre de fonctions au sein de la peau , telles que la vasomotricité, la thermorégulation,
l’érection pilaire, la fonction barrière, la sécrétion des glandes et des cellules, la croissance et la différenciation des tissus, et également, la cicatrisation, la réponse immunitaire, et l’inflammation.

Des contacts étroits entre fibres nerveuses et cellules cutanées ont été observés.

Les fibres nerveuses de la peau produisent des neuromédiateurs

Les cellules épidermiques et dermiques et les cellules immunitaires en transit dans la peau (macrophages, polynucléaires, lymphocytes) peuvent également produire des neuromédiateurs et des enzymes pouvant les dégrader.

De plus, elles expriment des récepteurs aux neuromédiateurs et sont donc sensibles à l’action de ces neuromédiateurs.

A.        Système Neuro-Endocrino-Immuno-Cutané

De ces observations, est né le concept de système neuro-endocrino-immuno-cutané (SNEIC) qui engloberait les cellules de la peau, les éléments cutanés du système nerveux et du système immunitaire. Les grandes fonctions cutanées (fonction barrière, thermorégulation, fonction sensorielle) seraient sous le contrôle du SNEIC. Ce concept permet d’expliquer l’influence du psychisme dans le maintien de l’homéostasie cutanée et dans le déclenchement de certains désordres dermatologiques.
Le système nerveux sensoriel cutané non seulement transmet des informations sensoriels mais joue également un rôle effecteur dans les fonctions cutanées par une action neuro-sécrétoire efférente à leurs terminaisons

1.         Le système nerveux autonome de la peau

Le système nerveux autonome de la peau joue un rôle crucial dans la régulation de la fonction des glandes sudoripares, la vasomotricité, le flux sanguin, et, par cela, dans la thermorégulation. L’acétylcholine est un régulateur majeur de la sudation, mais les nerfs innervant la glande sébacée humaine de l’adulte Co expriment également toutes les protéines nécessaires à la fonction complète noradrénergique (tyrosine hydroxylase, aromatic amino Acid décarboxylase, dopamine b-hydroxylase, et la vésiculaire monoamine transporter VMAT2).

2.         Le système nerveux cutané sensoriel

Les différents types de sensibilité

On distingue la « sensibilité générale » ou somesthésie de celle fournie par des organes sensoriels particuliers (vision, audition, goût, odorat).
La sensibilité générale peut être soit somatique, soit intéroceptive. La sensibilité somatique peut être soit extéroceptive, c’est la sensibilité cutanée, soit proprioceptive, c’est la sensibilité de l’organisme à sa propre position et à son propre mouvement qui est liée aux récepteurs musculaires et articulaires. La sensibilité intéroceptive fournit les informations sur l’état des viscères et les variations physico-chimiques du milieu intérieur.
Au sein de la sensibilité cutanée, on distingue : la sensibilité mécanique, la sensibilité thermique et la sensibilité douloureuse (ou nociception).

Les différents types de fibres nerveuses et de récepteurs cutanés

Chaque sensation est transmise grâce à des récepteurs spécifiques relayés par un réseau de fibres sensorielles myélinisées et non myélinisées.
Plusieurs types de récepteurs ont été identifiés dans la peau :
Des récepteurs mécaniques, de cinq types différents, qui transmettent la sensibilité à la pression, la sensibilité à la vibration et la sensibilité fine épicritique ou tact :

-           Terminaisons Libres
-           Disques De Merkel,
-           Corpuscules De Meissner,
-           Corpuscules De Pacini,
-           Corpuscule De Ruffini

Ils peuvent être soit superficiels soit plus en profondeur dans la peau et leur répartition est différente dans la peau glabre et dans la peau poilue. Leur densité dans la peau varie également selon les régions. La paume de la main est particulièrement bien fournie ; elle possède environ 17 000 fibres liées à des mécanorécepteurs et à l’extrémité des doigts, la densité (140/cm2) comme la proportion (43%) en corpuscules de Meissner, récepteurs du tact, sont particulièrement fortes...

-           Des thermorécepteurs qui transmettent la sensibilité au chaud et au froid,
-           Des nocicepteurs, qui sont des récepteurs de la douleur.

Les corpuscules de Meissner localisés dans la peau glabre et situés immédiatement sous l’épiderme dans les papilles dermiques, sont ancrés mécaniquement au tissu environnant par de fins filaments de tissu conjonctif. Leur fibre axonale s’enroule en spirale autour des cellules de Schwann. Ceux sont des récepteurs superficiels à adaptation rapide particulièrement sensible à la vitesse d’établissement du stimulus qui sont sensibles aux vibrations (entre 5 et 200 Hz).

Les nerfs sensoriels représentent la majorité des nerfs de la peau et innervent les trois compartiments cutanés, l’hypoderme, le derme, et l’épiderme.

Les mécanorécepteurs et les différents types de sensibilité mécanique

Au sein de la sensibilité mécanique cutanée, on distingue

-           La sensibilité à la pression,
-           La sensibilité à la vibration,
-           Et la sensibilité fine épicritique ou tact

La sensibilité à la vibration

Les corpuscules de Pacini qui, dans la peau, sont localisés dans le derme et l’hypoderme sont les récepteurs sensibles à la vibration qui répondent dans une gamme de fréquence allant de 30 à 1500 Hz avec une sensibilité optimale autour de 300 Hz. Ceux sont des récepteurs phasiques, qui ne répondent ni à la vitesse ni à la durée de la stimulation. Ils sont sensibles uniquement aux variations rapides d’intensité et donc, à l’accélération de la déformation cutanée.

3.         NOCICEPTION ET DOULEUR

Le nociception est le processus sensoriel à l'origine du message nerveux qui provoque la douleur. Les nocicepteurs peuvent être très activés sans qu'il y ait douleur - à l'opposé, une douleur peut être très intense sans activation majeure des nocicepteurs. Nous savons tous qu'une forte émotion, un état de stress aigu ou même simplement une intense concentration peuvent supprimer une sensation douloureuse : qui ne s'est pas coupé sans s'en rendre compte, obnubilé par l'exécution d'une tâche prenante ? La douleur nous apprend à éviter les situations dangereuses. C'est avant tout un signal d'alarme qui met en jeu des réflexes de protection nous permettant de nous soustraire aux stimulus nocifs - de soulager les parties de notre corps soumises à de trop fortes tensions. Les rares patients naissant avec un déficit de la sensation douloureuse vivent avec le risque permanent de s'autodétruire puisqu'ils ne réalisent jamais quand ils se font mal - ils meurent en général assez jeunes.

4.         LES QUALITÉS DE LA DOULEUR

a.         En fonction de la localisation de la stimulation

La douleur peut avoir plusieurs "qualités" suivant son origine. La douleur provenant de la peau est qualifiée de superficielle, celle provenant des muscles et des articulations de profonde.

b.        En fonction de l'intensité de la stimulation

Lorsque l'on se pique avec une aiguille, on ressent tout d'abord une douleur vive, localisée, qui disparaît rapidement. Si la piqûre est forte, la douleur vive (douleur rapide) est suivie d'une douleur sourde, diffuse, mal localisée, qui disparaît beaucoup plus lentement (douleur lente).
On considère que deux catégories de fibres participent en fait à la douleur :
Des fibres miéliniques de fins diamètres (A delta, 10 m.sec-1) responsables de la douleur rapide et des fibres amyéliniques (fibres C, 1 m.sec-1) véhiculant la douleur lente.
L'impulsion brève et intense excite les deux types de terminaisons et la différence entre les vitesses de conduction des deux types de fibres explique le décalage des sensations ressenties.
La douleur "lente", dont l'exemple type est la brûlure, peut conduire à une hyperalgésie (ex. "coup de soleil"): le seuil de la douleur est abaissé et des stimuli non douloureux tels que le port de vêtements deviennent insupportables.
Cette hyperalgésie est un phénomène de sensibilisation, dû à la libération de substances chimiques par les tissus lésés.

1. Toute réaction inflammatoire débute par une "alerte chimique". Les cellules des tissus lésés, les phagocytes et les mastocytes, provoquent la libération des médiateurs de l'inflammation.

2. La stimulation des fibres C, liées aux nocicepteurs, induit la libération périphérique de substance P ("réflexe d'axone") et provoque une "inflammation neurogène".

Le microenvironnement des nocicepteurs est un véritable "bouillon", une "soupe périphérique". Ces substances interviennent dans le déclenchement et surtout le maintien voire la recrudescence des phénomènes douloureux.

•          En fonction de la durée de la stimulation

La durée de la stimulation nociceptive est également essentielle. Les douleurs aiguës, généralement limitées à l'organe atteint (carie, brûlure), sont des douleurs d'alarme, vives, précoces, bien localisées, qui s'accompagnent de vives réactions végétatives (tachycardie, tachypnée, sueurs) et de réactions motrices (réflexe de retrait). Les douleurs chroniques (> à 6 mois) peuvent, par leur durée, conduire à une atteinte grave de la personnalité (insomnies, troubles de l'humeur, dépression). Il n'existe alors plus de relation claire entre l'ampleur de la lésion organique et l'intensité de la douleur chronique.

5.         LES NOCICEPTEURS

Il existe des récepteurs cutanés - essentiellement, des terminaisons libres de fibres amyéliniques - qui ne répondent qu'à des stimulations potentiellement dommageables à la peau (mécaniques, thermiques ou chimiques). On distingue quatre types de nocicepteurs :

•          Les nocicepteurs mécaniques répondent à la piqûre, au pincement ou à la torsion de la peau avec une décharge qui dure tout le temps de la stimulation, sans adaptation. Leurs fibres afférentes sont essentiellement de type A delta.

•          Les nocicepteurs thermiques répondent à des stimuli thermiques élevés

•          Les nocicepteurs sensibles aux agents chimiques répondent aux agents toxiques externes comme aux substances produites par les tissus lésés

•          Les nocicepteurs polymodaux répondent à la fois à des stimuli nociceptifs mécaniques et thermiques. Ils constituent près de 90% des fibres amyéliniques contenus dans un nerf cutané

6.         La Sensibilité Thermique

La sensation thermique devient carrément douloureuse si la température cutanée est inférieure à 17° C ou supérieure à 44°C

7.         Les Thermorécepteurs
Il existe dans la peau des terminaisons nerveuses libres, proches de capillaires sanguins, sensibles au froid ou au chaud.

Les récepteurs au froid sont superficiels, localisés dans l'épiderme.

Les récepteurs au chaud sont plus profonds dans le derme.

Conclusion

On compte 600 000 récepteurs du toucher et au moins 200 000 récepteurs de la détection de température.

Connus sous le nom de papilles ou corpuscules de Merkel, Meissner et Golgi, ils se présentent sous des formes diverses : en bulbe, pelote, panier, sac ou fibres filamenteuses.

De nature protéique, localisés dans le derme et à sa frontière avec l'épiderme, ils captent les messages et les transportent vers les aires sensitives du cerveau, sous forme de micro courants électriques. Ils reçoivent en retour une réponse agréable ou douloureuse selon l'événement.

Dans les deux cas, ce sont les mêmes centres nerveux qui sont sollicités. Les neuromédiateurs chimiques, dont la production est programmée par le cerveau, sont les messagers de nos émotions.

On en connaît plus de 200 ; la sérotonine, la noradrénaline, les catécholamines sont les plus connus. La peau et le cerveau en ont une vingtaine en commun.

Les cellules de la peau, mélanocytes et kératinocytes, fabriquent elles aussi les substances chimiques nécessaires à son équilibre physiologique.

Ainsi la vasodilatation, la sécrétion sudorale et les phénomènes inflammatoires sont issus de centres cutanés analogues.

Toutes nos réactions, depuis la douleur jusqu'aux émotions liées à notre psychisme sont ainsi transmises et analysées.

Cette enveloppe vivante qui se renouvelle constamment nous protège des rayons ultraviolets, des micro-organismes mais aussi des chocs.

Ses deux millions de pores contribuent à la régulation de la température du corps par la rétention ou l’élimination d’eau.

La peau est aussi une petite usine à vitamines.

En puisant son énergie dans le soleil, elle fabrique la vitamine D, essentielle à la fixation du calcium sur les os.

L’oxydation est aussi un phénomène nocif pour la peau.

Les différentes catégories de plaies

Définition:

C'est une lésion de la peau, revêtement protecteur du corps, par coupure ou éraflure ou piqûre, avec atteinte possible des tissus sous-jacents.

Une plaie est catégorisée selon l’importance de la blessure, profonde, sa densité et l’origine.

La plaie se caractérise généralement par sa densité et son origine.

Qu’est-ce qu’une brûlure ?

Définition:

Lésion de la peau et ou des voies aériennes ou digestives provoquées par la chaleur, les substances chimiques, l'électricité,
les radiations, le frottement.

Les brûlures simples

Elle va être sur une surface limitée de la peau. La peau rougit et va apparaître une cloque.

Brûlures graves

La destruction sera plus profonde

Complications

  • Infection
  • Détresse ventilatoire éventuelle
  • Détresse circulatoire

Les biologistes ont différencié ces plaies par degré :

1)    Le premier degré est le type blessures superficielles
2)    Le deuxième degré est le type de blessures profondes et inflammatoires
3)    Le troisième degré est le type de blessures graves

  1. 1.    Les blessures superficielles

Ce sont des plaies qui sont au niveau de l’épiderme pouvant aller en profondeur de la membrane basal,
elles vont détruire les kératinocytes qui vont provoquer la réduction de la couche de l’épiderme.

L’inflammation sera douloureuse pendant quelques jours.

Quels sont les types de lésions à ce degré ?
  • Une petite brûlure,
  • Un coup de soleil
  • Petite éraflure etc.

  1. 2.    Les blessures profondes et inflammatoires

Ce sont des blessures qui vont atteindre une partie du derme.

Ce sont des blessures très douloureuses, car elles vont toucher les corpuscules, les nervures,
les vaisseaux et les nocicepteurs, de ce fait la transmission de la douleur.

Quels sont les types de lésions à ce degré ?

  • Une coupure
  • Une brulure importante
  • Frottement
  • Ulcération

  1. 3.    Les blessures graves

C’est une destruction complète de l’épiderme et du derme en contact avec la panicule adipeuse de l’hypoderme.

Des cellules sont touchées et quelques fois détruites.

Quels sont les types de lésions à ce degré ?
  • Des brûlures graves et profondes
  • Des abrasions graves et profondes
  • Des coupures graves et profondes

Plaie graves avec hémorragie
  • Plaie par morsure
  • Plaie étendue
  • Plaie par outil, arme blanche, projectile
  • Plaie contenant des souillures ou des corps étrangers
  • Plaie à bords irréguliers
  • Plaie du cou, du thorax, de l'abdomen ou du dos, plaie près des orifices naturels

Plaies mortelles

Elles sont les plaies, des gros vaisseaux et des parties intérieures, quoique certaines puissent guérir

La nature des plaies et leur emplacement

La différence des plaies qui vient des parties où elles se trouvent, exige bien des considérations.

Les plaies sont aux extrémités ou au tronc: celles - ci peuvent arriver à la tête, ou au col, ou à la poitrine ou au bas ventre; elles peuvent pénétrer jusqu'aux parties internes, ou se borner aux parties extérieures:
celles des extrémités, ou celles qui ne sont qu'aux parties externes du tronc,
peuvent intéresser les téguments, les muscles, les tendons, les vaisseaux, les glandes, les articulations

Les plaies faites par instrument tranchant sont moins fâcheuses que celles qui sont faites par un instrument piquant; celles qui sont faites par un instrument contondant sont plus fâcheuses que celles qui sont faites par un instrument tranchant ou piquant.

Les plaies simples ne sont point dangereuses, les composées le sont davantage; mais les compliquées sont toujours fâcheuses, plus ou moins, suivant la nature de la complication.

On distingue quatre états ou tems dans la durée des plaies. Le premier est celui où elle saigne;
le second est celui où elle suppure; le troisième est celui où se fait la régénération des chairs; et le quatrième est celui où se fait la cicatrice.

Source : ATIF

Conclusion

Les plaies de la peau qui n'atteignent pas le tissu sous-cutané guérissent sans laisser de cicatrice.

En ce qui concerne les plaies qui lèsent le tissu sous-cutané, des différences existent entre la guérison des blessures dues à une simple incision et celle des plaies où un fragment de peau assez étendu

Quelle que soit la plaie, son traitement est d'abord celui de son étiologie.

La connaissance de la nature de la plaie et des objectifs thérapeutiques est essentielle pour réduire la durée de cicatrisation et le taux de récidive.

Ce n’est pas parce qu’une plaie est peu importante qu’il faut la négliger

Prochain article : le tatouage et la peau 

©Franca Gagliardi

samedi 25 février 2017

La peau la façade de notre être intérieur






Introduction


C’est en lisant un article sur les tatouages, qu’il m’est venu la curiosité d’analyser l’ensemble des facteurs qui vont modifier la peau.
Tout d’abord, le sujet concerné est la peau, avec tous ses éléments structurels, physiologiques, énergétiques, et enfin la psychologie de l’individu et la psychologie sociale.
Alors, la question, que je me suis posée, c’était :
Qu’est ce qui fait que ma peau a toutes ces fonctions ?
Comment ça marche ?
Qu’est ce qui fait que de plus en plus d’individus dans la société occidentale et moderne, ont le besoin de recourir à une marque, un mot, un graphique sur leur peau, un code, une expression ?
Qu’est-ce qu’il se passe dans une séance de tatouage ?
Quelle est la procédure avant, pendant, après ?
Il y a-t-il des effets secondaires à se faire tatouer ? Qu’est ce qui se passe dans le temps ?
Pour qui ? Il y a-t-il des contre-indications de se faire tatouer ?
Qu’est-ce qu’il veut exactement le tatoué ?
Comment font- ils pour supporter une inscription sur leur peau jusqu’à la fin de leur vie, quand on change de vêtement plusieurs fois par jour, plusieurs fois par semaines ?
Qu’est ce qui fait de prendre la décision de se tatouer ? Est-ce un effet de l’environnement ? D’un comportement ? De valeur / de croyances ? Un facteur identitaire ? Un facteur spirituel ?
Qu’est-ce qu’il y a dans leur message interne, retrouver une estime de soi, une confiance en soi, de savoir qu’ils y sont ?
Est-ce un acte individuel ? Ou un acte d’appartenance ? Un effet de mode ?
Beaucoup de questions mais peut-être que les tatoués eux ils savent et comment ils le savent ?
Et puis, j’ai regardé ma peau. Et c’est comme si elle me parlait et alors comme des diapositives lors d’une conférence, des réponses se succédaient. Je vous invite à le faire et à suivre le défilement des diapositives.
La peau est plus qu’une enveloppe tissulaire et cellulaire. La peau est le principal organe de notre corps. La peau est le bouclier entre la conscience externe et la conscience interne. La peau délimite l’état interne et l’état externe, la peau est notre vêtement unique, un habit à température variable, colorée, la peau est un système spécifique du langage non verbal, la peau communique avec le monde extérieur et le monde intérieur. La peau a son système nerveux cutané. La peau agit sur notre système énergétique à plusieurs niveaux de champ énergétique et vibratoire. La peau est organe. La peau est un système sensoriel intelligent. La peau est un bouclier protecteur contre les agressions des agents externes. La peau est un organe régulateur de la température du corps et hydrateur. La peau est un lanceur d’alerte, un organe préventif et un messager transmetteur/récepteur. La peau est un miroir de nos émotions positives ou négatives, physique ou psychique.
La peau cette enveloppe aux multifonctions. Une chaire que l’on aime toucher, masser, diffuseur de sens, d’amour et de haine, une peau que l’on agresse dans son état interne et son état externe, une peau qui flétrie avec l’âge, douce, rugueuse, sèche, perfection et imperfection, séductrice qui se laisse parfumer pour un rendez-vous galant.
Une peau avec des nano pores où on aimerait avoir un œil microscopique pour l’étudier, une peau qui est l’interface d’un univers abstrait à l’intérieur de nous et qui cache des secrets de notre spiritualité (rien à voir avec une religion) ; l’océan d’une vie enveloppé d’une atmosphère, comme la terre et ses poumons amazoniens. Elastique, la peau qui s’adapte à notre corpulence, à nos muscles qui se développent et qui fondent, à notre sédentarité ou à notre activité, à notre prise de poids ou à notre perte de poids, la peau qui est un contact avec le monde, ce fabuleux organe qui est le gardien du seuil.
Une peau aussi muqueuse, lubrifiante, cellulaire et nerveuse.
La peau est nourricière elle fabrique des vitamines, notamment la vitamine D. La peau joue un rôle respiratoire, immunitaire, émonctoire. La peau est sensorielle et sexuelle. La peau véhicule les actes thérapeutiques nécessaires aux pathologies internes, les blessures musculaires, articulaires etc. etc.
La peau est l’histoire de notre génétique donc de notre ADN. Elle révèle ce qui est, ce qui est caché.
La première image à notre naissance, que les personnes visualisent est notre peau. Elle révèle le petit être qui se présente au monde et qui par sa croissance va s’étendre et prendra la forme de notre corps. Et, elle va subir tous les aléas de la vie, jusqu’à la fin de cette incarnation.
La peau est un organe vivant, qui a besoin de tendresse, la peau a besoin d’une attention particulière et d’une hygiène corporelle, alimentaire, nutritive et d’oxygène.
Cette peau me fait penser à une feuille d’une plante grasse, sèche, mixte ; avec des veines apparentes d’autres pas, imperméable et à la fois sensible.
Chair de poule, frissons et …. Froide, tiède, chaude, au fil de nos états, et puis lorsque tout sera arrêté, elle sera momifiée, laissant un bloc de glace à la place d’une enveloppe souple et tempérée.
Et de quoi elle est faite cette peau ?

La peau

  1. 1.     Un système tégumentaire

Le système tégumentaire est le nom donné à la peau, aux cheveux, aux ongles et aux glandes situées à la surface du corps. Il est constitué aussi des orifices : des yeux, des oreilles, du nez et de la bouche, qui font tous partie des organes sensoriels de l’organisme.
  1. 2.     Structures
De l’extérieur vers l’intérieur :
  1. A.    L’épiderme
Il est composé de différentes sortes de cellules :
  1. Les kératinocytes qui fabriquent la kératine (protéine donnant aux cellules des propriétés protectrices).
  2. Les mélanocytes fabriquent un pigment, la mélanine. Ces cellules se situent plus profondément dans l’épiderme, mais reste en contact avec les kératinocytes qui intègrent progressivement la mélanine fabriquée par les mélanocytes. Les pigments de mélanine ainsi absorbés protègent les noyaux des cellules contre les rayons U.V. du soleil.
  3. Les cellules de Langerhans sont des cellules qui comportent une douzaine de dendrites formant un réseau entourant les kératinocytes. Elles servent d’immunité en contrôlant la présence d’antigènes et sont capables de se déplacer.
  4. Les épithélioïdocytes, jouent un rôle dans le toucher. Elles sont situées à la jonction entre l’épiderme et le derme.
L’épiderme est lui-même constitué de plusieurs couches de la superficie à la profondeur:
  1. La couche cornée, composée d’environ une vingtaine de couches de cellules mortes.
Cette partie de l’épiderme protège la peau contre les agressions extérieures (chaleur, froid, sécheresse, déshydratation : perte d’eau). Elle agit également comme barrière empêchant la pénétration dans l’organisme d’éléments extérieurs (microbes, poussières, etc…).
Cette couche de cellules kératinisées desquame progressivement au fur et à mesure que ses cellules se détachent de l’épithélium plus profond (pellicules).
  1. La couche granuleuse, constituée de seulement 5 étages de cellules. La couche granuleuse évite essentiellement à l’organisme de se déshydrater (perte d’eau), mais participe également à la formation des futures cellules de la couche cornée située au-dessus.
  2. La couche épineuse, composée de cellules contenant de la mélanine dispersée dans les kératinocytes : cet étage de l’épiderme constitue un début de résistance aux mouvements de la peau.
La couche basale, dernière couche avant le derme, également appelée couche germinative, est constituée d’une seule couche de cellules fermement adhérentes aux cellules situées dans le derme. A ce niveau se rencontrent les kératinocytes les plus jeunes.
B.    Le Derme
Le derme est l’une des trois couches de la peau. Il est situé entre l’épiderme au-dessus et l’hypoderme. Le derme est constitué de tissu conjonctif (structure gélatineuse assemblant des protéines et servant de liaison et de soutien entre les différents tissus et organes) comportant des :
  1. Fibroblastes : cellules permettant la création d’éléments entrant dans la constitution des fibres qui vont se regrouper autour d’elles.
Plusieurs variétés de globules blancs assurant la défense de cette partie de la peau.
  1. Collagène qui donne à la peau la résistance et l’élasticité nécessaires pour la protéger contre les agressions extérieures. Les fibres de collagène sont capables de fixer l’eau et contribuent ainsi à l’hydratation de la peau.
  2. c.     Fibres élastiques.
Substance fondamentale composée d’eau et de protéines.
  1. a.     Cellules conjonctives et fibres conjonctives.
Le Derme lui-même est composé de deux couches:
  1. La mince couche en superficie permettant le passage de nombreux vaisseaux sanguins et de fibres nerveuse appelé zone papillaire
La zone réticulaire, plus profonde, qui occupe environ 80 % du derme, formée de fibres de collagène assemblée parallèles à la surface de la peau.
Cette zone présente des lignes de tension appelées lignes de Langer, qui revêtent une grande importance pour les chirurgiens.
C. L’Hypoderme est la couche profonde de la peau, continuant le derme vers la profondeur. Il sert d’interface entre le derme et les structures mobiles situées en dessous de lui comme les muscles et les tendons.
Il protège également l’organisme des chocs physiques, des variations de température et sert de réserve énergétique. Il a une épaisseur variable selon les localisations; elle est mince au front et épaisse au niveau des zones devant supporter.

Première conclusion

La peau est constituée de trois couches : l’hypoderme, la couche la plus profonde, le derme, la couche intermédiaire, et enfin l’épiderme, la couche la plus superficielle.
L’épiderme, très fin, mais plus épais dans divers endroits du corps. Cette couche est très résistante comme sous la voute plantaire.
Un bouclier qui repousse l’entrée de la plupart des bactéries, substances chimiques et toxiques, et a une fonction isolante pour que les liquides vitaux ne s’échappent : le sang, la lymphe par exemple.
L’épiderme est constitué principalement de kératinocytes : véritables gardiennes de l’épiderme.
Puis, entre les kératinocytes il y a les cellules de langer, qui vont détruire les substances toxiques et chimiques qui se trouvent dans le derme.
Le derme a peu de cellules mais il contient des fibres. Des fibres collagènes et des fibres élastines, Les fibres de collagènes vont s’occuper de la résistance de la peau et les fibres d’élastine, tout comme son nom l’indique de l’élasticité de la peau.
On y trouve de nombreuses particules, qui pour la plupart d’entre elles sont liées dans le sens du toucher : la température, la pression, la douleur etc.
L’hypoderme, est une masse d’un tissu graisseux qui se trouve un tissu celluleux, c’est là que circulent les fibres nerveuses et les vaisseaux sanguins. Qui vont oxygéner la peau et la nourrir.
Cette masse graisseuse est aussi un réservoir d’énergie de l’organisme.
C’est un amortisseur de choc et aussi une protection contre le froid.
Processus de maturation et de différenciation des kératinocytes:
Les kératinocytes sont formés au plus profond de l’épiderme, dans la couche basale, située au-dessus de la lame basale.
La couche basale est constituée principalement de cellules non différenciées.
Certain kératinocytes se divisent alors en deux par mitose ;
l’un va rester dans la couche basale pour donner naissance à d’autres kératinocytes, et l’autre va se déplacer vers la surface de l’épiderme, en poussant les kératinocytes plus anciens.
Au cours de la remontée des kératinocytes vers la surface de l’épiderme, ceux-ci changent de forme, perdent leur noyau et se chargent de filaments très résistants de kératine. Ils traversent tour à tour la couche basale (d’où ils proviennent), la couche épineuse, la couche granuleuse et enfin la couche cornée.
Au bout de 30 jours environ, les kératinocytes atteignent la couche cornée. Il s’agit d’une peau dure, composée de kératinocytes morts qui forment une membrane solide (grâce à la kératine), imperméable et très protectrice. Une fois à la surface, les cellules se décollent et tombent, en emportant les éventuels microbes et substances étrangères avec elles
Le processus de desquamation
C’est l’apoptose : une programmation de la mort cellulaire
Ce processus intervient dans les phases de cicatrisation.
Selon le niveau de la blessure, par exemple, les petites blessures de premier degré guérissent par le renouvellement naturel de l’épiderme.
Ce qui n’est pas le cas pour les autres types de blessures.
J’aborderai dans le prochain article les différentes blessures de la peau et quelles sont les réactions spécifiques.
Rendez vous au prochain article, nous aborderons le système de cicatrisation et le système nerveux cutané et sa relation avec le cerveau.


portez vous bien !
©Franca Gagliardi